TÉMOIGNAGE FLORENT HEROUARD

Témoignage du 12 janvier 2024
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FORMATEUR EN ARCHITECTURE, URBANISME ET TOURISME

à L’E2SE BUSINESS SCHOOL

[ TÉMOIGNAGE • FORMATEUR EN ARCHITECTURE ] 🌟

Rejoignez-nous aujourd’hui pour un témoignage et découvrez Florent Herouard, formateur en architecture, urbanisme et tourisme à l’E2SE. 🏛️ C’est un excellent formateur, mais c’est aussi un éditeur et auteur passionné. 📚 À travers cette interview exclusive, explorez les multiples facettes de Florent et découvrez comment il prépare ses étudiant(e)s aux défis et évolutions de l’architecture et de l’urbanisme.

Florent partage ses inspirations pour ses créations d’ouvrages, ses projets récents, son approche pédagogique innovante et son dernier projet éditorial « Face à Face ». 👥📘 Un témoignage percutant avec un expert passionné !

Si vous êtes curieux(ses) et avez des questions, n’hésitez pas à contacter Florent : fherouard@e2se.fr 📧

Je suis éditeur et enseignant. J’ai commencé à enseigner en 2005 alors que j’étais en train de préparer mon doctorat d’urbanisme. J’ai créé les éditions Entresol en 2021, juste après le confinement.

Ces matières nécessitent une véritable ouverture au monde. Déjà j’essaye de leur faire ouvrir les yeux sur ce qui les entoure : leur environnement bâti et naturel. Et plus largement j’essaye de faire en sorte qu’ils arrivent à se prémunir de leurs à-priori pour appréhender le monde et essayer de le comprendre dans sa complexité. En architecture et en géographie, il n’y a pas de « beau » ou de « moche », pas de « bien » ou du « mal », il y a de la subtilité, des nuances, de la complexité, du visible mais aussi du caché, qu’il faut savoir entrevoir, analyser pour pouvoir émettre une analyse. Ces matières, comme les sciences sociales de manière générale, nécessitent aussi de la méthode et de la rigueur ; c’est ce que j’essaye d’apporter à mes étudiant.e.s.

Je crois que l’on peut dire que j’ai une approche très détendue. Mon but étant de passer un bon moment avec les étudiants et qu’en retour il passe un bon moment avec moi. Je crois que c’est la condition sinequanone pour qu’ils s’intéressent aux matières que j’enseigne, et pour qu’ils enregistrent un petit peu de ce que j’ai à leur apprendre. Je mélange au maximum les apports théoriques avec des petites histoires, une dimension plus anecdotique. Après des années d’expérience, j’ai compris que cet équilibre fonctionnait très bien. Des années plus tard, il arrive que des anciens étudiants me reparlent de moments précis d’un cours, où j’avais raconté quelque chose d’atypique, d’anecdotique.

Je fais beaucoup de pratique dans mes cours, car je pense que l’apprentissage et la compréhension par le « faire » et très efficace. Par exemple, je fais des enduits terre-paille, avec les étudiant.e.s, qui nous occupent généralement une demi-journée, mais qui laisse une trace indélébile, et sur les murs de l’école, et dans la tête des étudiant.e.s. Cette pratique permet de comprendre et d’expérimenter la physique des matériaux de construction.

Nous avons également fabriqué des capteurs de pollution atmosphérique ce qui permet aux étudiant.e.s de visualiser pleinement l’impact anthropique sur notre environnement visible et invisible, microscopique.

Les défis actuels de l’aménagement du territoire et l’aménagement touristique porte très clairement sur le dérèglement climatique et toutes les conséquences que cela peut avoir sur les territoires et les sociétés. Évidemment il est important de repartir sur des bases théoriques, d’expliquer certaines notions qui ne sont pas forcément toujours claires pour les étudiant.e.s. En architecture et urbanisme, je dirais finalement que j’ai très peu besoin d’adapter mon enseignement, car aujourd’hui toutes les lois et les pratiques que je peux présenter à mes étudiants sont de toute façon empreintes de ces questions de développement durable.

L’urbanisme est relativement en pointe avec des normes très exigeantes et des expérimentations architecturales très poussées et performantes. Le tourisme est peut-être le domaine dans lequel l’impact environnemental est le plus important et il faut avoir une réflexion poussée et continue sur les pratiques et ce que cela engendre , notamment en termes de transport et d’impact sur les sociétés locales qui reçoivent les visiteurs… Je ne manque donc pas, dans chaque situation, à montrer le côté pile et le côté face des pratiques touristiques.

L’inspiration vient directement de ma pratique d’enseignant puisqu’il s’agit pour moi en tant qu’auteur de transmettre des connaissances parfois complexes mais toujours avec cette volonté d’être accessible, abordable et même attractif, avec des belles images et des beaux plans et belles cartes anciennes par exemple. Inversement, la recherche et l’écriture, me permettent en tant qu’enseignant d’alimenter et d’enrichir mes cours, en allant au-delà des manuels scolaires qui en sont que des synthèses de programmes scoalaires.

Notre ligne éditoriale est basée sur l’architecture et le patrimoine, et nous tenons, c’est notre spécificité, à recruter des experts, comme des chercheurs universitaires, pour réaliser des livres à destination du grand public. L’idée étant que le fond et la forme soient attractifs, qu’on ait envie de feuilleter les livres et de se plonger dans leur lecture.

Le pari est gagné lorsque l’on a des retours de lecteurs qui nous disent avoir appris des choses et qui nous félicite sur la qualité des ouvrages. Il est aussi important de noter que la parution de nos ouvrages peut avoir des impacts dans le débat public local, et sur les territoires et elurs élus, qui prennent consciences par exemple de la richesse de leur patrimoine et du besoin de mise en valeur.

Le dernier projet éditorial s’appelle « Face à face » et il consiste à mettre en perspective la côte normande et la côte anglaise par-delà la mer de la Manche. L’idée est de valoriser le patrimoine architectural et paysager, de comprendre les cultures locales, de part et d’autre, les similitudes et les différences à travers des ouvrages qui sont construits pour être très ludiques, pour donner envie de se promener.

Implicitement ce projet cherche à participer au dialogue dans les relations post-brexit qui peuvent-être l’occasion de tensions politique et sociale.

Je repense à une étudiante qui n’était pas particulièrement au top durant ses deux années de BTS, qui se maintenait autour de la moyenne. Elle est venue me voir après l’obtention de son examen en m’informant qu’elle avait eu la meilleure note de toutes les promos dans ma matière, car elle avait appliqué, m’a-t-elle dit, scrupuleusement la méthodologie sur laquelle j’avais insisté en classe. Je dis toujours que la méthodo assure la moyenne, comme quoi ça peut emmener les étudiants assez loin.

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